ALLEZ, ON S’ECHAUFFE ! Guide technique et pratique de Samuel Sené, aux éditions Riveneuve

 

allez on s'échauffe éditions riveneuve

 

Amis chanteurs, spontanés ou non, si vous avez déjà pris des cours de chant, participé à des stages ou chanté dans des choeurs, vous êtes forcément passés par la case « Echauffement »… Je serais intéressée de connaître le fruit de vos différentes expériences, car moi-même j’ai vécu quelques aventures plus ou moins heureuses en la matière…

 

Pour résumer, je n’ai rien contre l’échauffement en soi, of course (en fait, l’échauffement, c’est comme le Monde, ça pourrait être un Paradis) mais j’ai tout de même vécu des entraînements qui ne dépassaient pas les 2 vocalises et demie. Et, pour la rebelle créative que je suis, c’est tout simplement d’un ennui mortel, gage d’une irrévocable démotivation. On se croirait dans « Un jour sans fin ». La boucle fatale. De quoi tout arrêter à jamais et me (re)mettre à faire de la cotte de maille au fond des bois, si si, je vous assure.

Bon, vous l’avez compris, nous allons donc traiter de l’échauffement.

J’ai reçu il y a quelques temps un communiqué des Éditions Riveneuve, au titre du blog Le chant spontané, me demandant si l’information de la parution d’un ouvrage sur ce thème pouvait m’intéresser. Vous comprendrez qu’étant donné l’introduction de cet article, j’ai sauté sur l’occasion pour dire toute mon envie de communiquer à ce sujet puisque : « Ca sent le vécu ! » et je ne dois pas être la seule.

Je me suis donc rapidement retrouvée en possession de ce magnifique ouvrage (et sympathique objet) : « Allez, on s’échauffe ! », Guide technique et pratique de Samule Sené, directeur artistique des ateliers Musidrama, directeur d’opéras et des comédies musicales depuis bientôt 20 ans. Alors voilà, Samuel Sené a matérialisé l’ouvrage qu’il aurait tant rêvé de voir exister avant de décider de l’écrire lui-même. On n’est jamais si bien servi, etc…

Pourquoi donc traiter de ce sujet dans un blog consacré au Chant spontané (et qui par définition ne souffre pas trop de cadre formel) ?
Eh bien, tout simplement parce qu’on peut être chanteur spontané en étant aussi chanteur (ou prof) de musique « écrite ». Et ensuite, parce que vous qui chantez spontanément, vous trouverez là une mine d’idées pour improviser vos échauffements… Des échauffements qui – outre l’aspect « réveil du corps, de la voix, de l’esprit, de l’intention et de la technique » – pourront à leur tour servir de base à de superbes chants spontanés…

 

Allez, on s’échauffe ! Tout ! Et pas que les oreilles…

 

Il s’agit donc d’un manuel d’échauffement ludique et complet qui propose plus de 100 exercices détaillés pour tous les styles, en individuel ou en groupe. Ludique et complet… quand on sait que l’échauffement occupe un pourcentage de temps non négligeable dans un cours de chant (2/3 ?), ca paraît important.

L’application warmupbuddy.com est à télécharger en complément du livre… Elle propose les mêmes exercices avec leurs accompagnements audio, ce qui est très utile à la pratique, évidemment.

L’objectif de Samuel Sené, vous l’aurez compris, c’est de sortir du train train pour pouvoir se surprendre et créer ses échauffements comme de véritables œuvres d’art !

Au fil des pages, différents artistes dispensent conseils et témoignages sur les exercices proposés (très majoritairement en français, parfois en anglais, en italien et même en allemand).

 

 

9 familles d’exercices

Ces exercices sont balisés par des pictogrammes indiquant leurs objectifs… On les retrouvera classés par thème dans l’index, de sorte que si l’on veut par exemple travailler uniquement le soutien, on n’aura plus qu’à se reporter aux pages indiquées.

Les rubriques sont ainsi déclinées :

  • Ascenseur
  • Poitrine
  • Lyrique
  • Texte
  • Soutien
  • Rythme
  • Fun
  • Détente
  • Coup de coeur

 

 

En préambule

 

L’auteur rappelle les incontournables du chant : il y aborde les notions posture, de respiration, de soutien, le larynx, les registres, les tessitures, la place du son, l’action du voile du palais, les résonateurs, et – néologisme « maison » – la « voxkinésie », c’est à dire, l’art de faciliter son chant à l’aide de gestes

Samuel Sené a commencé par nous livrer ses 7 règles capitales du chant (décrites plus en détails dans l’ouvrage) ! Et, chaque règle est classée… n°1. Voyez plutôt le menu du chef :

– Règle n°1 du chant : L’inspiration est une détente, l’expiration est un effort.
– Règle n°1 du chant : Le premier organe du chant, c’est l’oreille.
– Règle n°1 du chant : Le plus grand ennemi du chant est la gravité.
– Règle n°1 du chant : On chante les consonnes, pas les voyelles (NB : la consonne est ce qui permet de “lancer” la voyelle).
– Règle n°1 du chant : Le chant est un sport avant d’être un art.
– Règle n°1 du chant : Le secret du chant réside dans le gros orteil.
– Règle n°1 du chant : Faites de vos échauffements des œuvres d’art.

 

 

Pour bien démarrer l’échauffement

 

Avant tout bon échauffement vocal, il convient de mobiliser l’ensemble du corps. Le premier chapitre présente des automassages, des enroulés, des déroulés, des étirements, des équilibres, des mouvements de langue, de mâchoire et autres baillements

Et pour accompagner ce réveil du corps, il convient de respirer correctement (donc de respecter la première règle n°1 du chant !). Pour cela, une dizaine de propositions et leurs multiples variantes nous sont expliquées au chapitre 2.

Puis viennent plusieurs exercices bouche fermée ou semi-fermée, avec des sons voisés pour solliciter en douceur larynx et cordes vocales.

Samuel Sené consacre ensuite un chapitre à la customisation des échauffements.

« Il est important de toujours ‘ramener de la vie’ et de la conscience dans ces moments de cours qui restent trop souvent le ‘passage obligé’ où l’on reste sur des habitudes et automatismes, le cerveau en veille et l’oeil hagard fixé sur le mur. », nous confie-t-il.

Il insiste donc avec raison sur la nécessité d’inventer ses propres vocalises. Pour cela, il donne une liste de phonèmes efficaces (tout en nous expliquant POURQUOI ils sont efficaces !) et nous recommande d’installer ces phonèmes sur une mélodie de notre choix, parmi celles qu’il propose également (ou d’autres !)

 

 

Là où ça commence à pulser

 

C’est maintenant l’heure de passer à des exercices plus dynamiques. Tout un programme où le mouvement et l’énergie sont au rendez-vous : des Papiya pi pa aux Zinga zinga et Doo ba doo en passant par les Tim tiguidim et autres Zoumama (autant de défis à la gravité, la place, l’ouverture, et j’en passe), vous aurez l’occasion de monter, de descendre, de coordonner la langue et les lèvres, d’ouvrir le moule, de chanter devant, de soutenir, de respirer, de vibrer, de rythmer, de nuancer… le tout, sans tension, s’entend !!!

C’est sans compter sur les réjouissances du chapitre suivant qui nous invite à expérimenter tout l’art du virelangue. Cette drôle de bête consiste à articuler des consonnes et des voyelles disposées selon un ordre particulièrement difficile, car pas naturel du tout. Vous trouverez là une bonne dizaine de propositions. Comme précédemment, nous avons la possibilité de customiser nos virelangues parmi une liste de propositions allant de 2 à 5 syllabes et une douzaine de mélodies. Et l’auteur… d’ironiser :

« Bien sûr, ces échauffements sont toujours très amusants, surtout quand on les rate ! ».

Tenez, ça vous dit d’essayer ? En voici un… (Pensez à varier les tempi !)

 

 

 

Ensemble, c’est mieux !

 

Le chapitre 7 traite des échauffements en collectif, donc de l’oreille et du plaisir de partager avec d’autres la beauté du son. A la carte, une quinzaine d’explorations parmi lesquelles : tierces majeures ou mineures à customiser, quintes parallèles, intervalles, demi-tons descendants, sauts d’octaves, frottements et dissonances assumées, chromatismes, rythmes binaires et ternaires, pulsation de groupe, phrasé, nuances, tenues de notes, points d’orgue et bien sûr… les ACCORDS !

Ce qui nous emmène vers une nouvelle rubrique, et non des moindres…

 

 

La chasse aux fausses notes

« La pose vocale (l’art de chanter juste) s’acquiert avec le temps et la pratique, comme une échelle intérieure qui se grave au fil des années ».

Bien.

Ce chapitre nous livre une série d’exercices destinés à expérimenter TOUS les intervalles dans tous les sens, en montant et en descendant la voix placée dans le bon moule à tous les étages.

Il y a des gammes à chanter, avec ou sans le nom des notes, des vocalises sur des petits textes amusants qui parlent de chats, d’infirmières, de températures ou de fantômes. Houououlala !

Il y a des accords de quartes, de quinte, de sixtes dans les modes majeur et mineur, des enchaînements d’intervalles, les colliers de notes liées ou perlées ponctuées par les notes de passage, sans oublier les incontournables « Petit et Grand Rossini ». Et une démonstration pratique de yodel, pour couronner le tout.

Tout cela dans la joie, la bonne humeur, la mobilité, la souplesse, la rapidité, l’ambitus aéré et ambitieux !

« Avant de chanter, soufflez une bougie imaginaire et chantez le /ou/ dans le même moule vocal ».

 

 

Des routines pas train train

 

Le 9e et dernier chapitre est une mine car il propose plus d’une vingtaine de routines différentes pour pratiquer des échauffements corps/voix sans rien oublier, en fonction des objectifs et impératifs de chacun :

  • Des routines complètes
  • Des routines rapides
  • Des routines pour les chorales
  • Des routines pour les enfants
  • Des routines lyriques
  • Des routines pop et voix de poitrine

C’est sans compter, bien évidemment, toutes celles que VOUS mettrez au point de votre côté… puisque vous avez compris que seul le manque d’imagination pourrait freiner votre créativité.

Quand vous n’avez pas le temps… « N’oubliez pas que chauffer des graves en détente est plus efficace que de beugler des aigus en urgence. »

Et enfin, après le sport, il y a des étirements. Eh bien en chant, c’est pareil. Si l’on a forcé un peu trop (hou, c’est mal !), nous pouvons avoir recours à la technique de la paille. Souffler en chantant doucement une mélodie à l’ambitus limité (tierce) pendant 2 à 3 minutes permet au larynx de bien se relâcher…

 

 

EN CONCLUSION

 

« Le corps ne ment pas, écoutez ce que votre organe vocal vous invite à faire, entendez-vous chanter et adaptez l’échauffement en fonction de vos besoins et de vos envies. Improvisez. »

Bien dit ! J’ajoute « pensez aussi à vous échauffer sous la douche » (cliquez sur le lien pour découvrir 8 raisons géniales de vous y adonner sans limites !), l’eau est source d’inspiration, et permet à la voix de jaillir et aux harmoniques de résonner dans la cabine.

Et voilà ! Enfin une bouffée d’oxygène ! Alors, chers chanteurs, spontanés ou non, je vous le demande : Pourquoi continuer à nous ennuyer comme des rats morts pendant nos échauffements ? (#humour)

D’ailleurs, en guise de conclusion, voici une proposition. Si l’on y réfléchit bien, nous pourrions en fin de compte débaptiser le mot ROUTINE pour le convertir en un concept du style :

#superséchauffementsrigoloslibresetcréatifsengendrantunPLAISIRinfinidestinéàarrêterENFINdesouffrirpourchantersoupleetbeaumaisaussiàaméliorernotretechniquedunefaçonexponentielleetillimitéedanslaplusprofondebéatitudeextatiquekôôôâââ ♦

 

 

 

Photos :
Couverture du livre, illustrations et exercices, éditions Riveneuve

 

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